L'efficacité dans les arts martiaux (juste une réflexion)
Deux ans maintenant que je n'ai pas pratiqué d'arts martiaux (ou si peu) ou de sports de combat pour diverses raisons. A l'intérieur ça bouillonne... J'ai eu cependant l'opportunité de lire quantités de choses interessantes qui m'ont fortement instruites et même changé ma perception de ce que devrait être l'efficacité dans l'apprentissage des arts martiaux.
Parmi mes lectures, Sensei Habersetzer, Sensei Plée (à lire, relire), Sensei Tamaki (son blog), Myamoto Musashi, T'ai Kung, Herrigel pour les arts martiaux et d'autres écrivains tels que Xavier Maniguet, James Allen, Gandhi pour les principaux. Ils ont commencé à me faire comprendre tout un tas de choses que j'essaie d'appliquer dans ma vie depuis, c'est pas facile!
Pour ce qui nous concerne ici, je viens de lire deux articles dans le dernier magazine DRAGON (espérons que la nouvelle formule sera aussi bonne que la précédente).
Sensei Habersetzer et Inaba qui defendent tous deux la sauvegarde des arts martaux traditionnels japonais, nous encouragent tous deux à étudier le geste vrai, de ne pas se contenter de se cantonner aux pratiques du dojo.
"Dans les arts martiaux véritables, on n'en sait jamais assez, une bataille n'a pas de règles. Si n'avez pas d'armes vous devrez vous battre à mains nues. Peut-être que quelqu'un vous tirera dessus de très loin. Vous ne pouvez pas dire:"s'il vous plait, suivez les règles de l'Aikido, j'ai étudié l'Aikido"." (Minoru Inaba dans DRAGON # 31)
"L'efficacité? Tous ceux qui peuvent parler d'expérience de terrain le diront: elle est au mieux, à 15% dans la technique apprise, à 15% dans la manière d'executer cette technique le moment venu, et à 60%... dans l'esprit de combat. Ce qui est vrai avec ou sans armes. Restent 10% pour la chance [...] Les techniques vraiment efficaces sont partout, dans tous les styles, toutes les méthodes, anciennes ou modernes. Encore faut-il les reconnaitre dans tout le reste [...] Une prestation harmonieuse et esthétique n'est pas exactement ce qu'exige une problematique de survie, au moment crucial." (Roland Habesetzer DRAGON #31 ou sur son site)
Il y a deux ans, alors que je rentrais du travail, deux lascars un peu en recherche de conflits pour combler leur ennui s'en sont pris à moi et franchement j'ai été surpris. Je pratiquais l'Aikido trois fois par semaine, je courais presque tous les jours et j'ai pratiqué le karaté pendant cinq ans juste avant ça. Au moment de l'agression j'ai senti la pression cardiaque monter, ça m'a pris assez longtemps pour essayer de redevenir maitre de moi-même... Heureusement ils parlaient un peu trop, alors quand le temps des paroles était devenu inutile, il a fallu se proteger, j'ai eu de la chance ( les 10%) et comme j'étais très zen (malgré des circonstances de vie difficiles à ce moment là) j'ai fait face efficacement sans comprendre. Une patrouille de Police (quand je disais que j'ai eu de la chance...) a fait le reste.
Cet évenement m'a interpellé et le facteur "STRESS" me travaille depuis. J'y pense souvent. On peut pratiquer comme on veut, il faut savoir gérer une agression. J'ai lu et entendu à maintes reprises que le dialogue est l'aspect essentiel de l'auto-défense, parce qu'utiliser les mots justes en situation périlleuse, ce n'est pas facile!
Alors entre faire en sorte que le stress ne me nuise pas (abaisser la fréquence cardiaque, rester lucide...) et gérer la menace (au bon moment, pas trop tot, pas trop tard, et de façon mesurée et humaine), c'est tout un programme!
A présent, je pense que la pratique quelle qu'elle soit est certes importante mais l'esprit (fudoshin en japonais) qui est à mon avis façonné par une multitude de facteurs, importe le plus. Un gars bien bagarreur peut passer un pratiquant d'art martial à la moulinette, son esprit plus inflexible à la douleur, moins impressionable lui donnera peut-être le dernier mot.
Je déplore le fait que l'on axe trop souvent la pratique sur des techniques de combat (ou de défense c'est selon...) et pas assez sur la mécanique du corps liée à celle de l'esprit. Ca prend plus de temps certes mais ce serait tellement efficace! Et puis un prof. qui enseigne ce genre de choses c'est dur à trouver... Dans mon petit monde, mes illusions s'envolent un peu et je meurs d'envie d'apprendre, à tous les niveaux.
Voilà pour la réflexion du jour qui vaut ce qu'elle vaut! Comme toute reflexion, elle ne demande qu'à évoluer.
Parmi mes lectures, Sensei Habersetzer, Sensei Plée (à lire, relire), Sensei Tamaki (son blog), Myamoto Musashi, T'ai Kung, Herrigel pour les arts martiaux et d'autres écrivains tels que Xavier Maniguet, James Allen, Gandhi pour les principaux. Ils ont commencé à me faire comprendre tout un tas de choses que j'essaie d'appliquer dans ma vie depuis, c'est pas facile!
Pour ce qui nous concerne ici, je viens de lire deux articles dans le dernier magazine DRAGON (espérons que la nouvelle formule sera aussi bonne que la précédente).
Sensei Habersetzer et Inaba qui defendent tous deux la sauvegarde des arts martaux traditionnels japonais, nous encouragent tous deux à étudier le geste vrai, de ne pas se contenter de se cantonner aux pratiques du dojo.
"Dans les arts martiaux véritables, on n'en sait jamais assez, une bataille n'a pas de règles. Si n'avez pas d'armes vous devrez vous battre à mains nues. Peut-être que quelqu'un vous tirera dessus de très loin. Vous ne pouvez pas dire:"s'il vous plait, suivez les règles de l'Aikido, j'ai étudié l'Aikido"." (Minoru Inaba dans DRAGON # 31)
"L'efficacité? Tous ceux qui peuvent parler d'expérience de terrain le diront: elle est au mieux, à 15% dans la technique apprise, à 15% dans la manière d'executer cette technique le moment venu, et à 60%... dans l'esprit de combat. Ce qui est vrai avec ou sans armes. Restent 10% pour la chance [...] Les techniques vraiment efficaces sont partout, dans tous les styles, toutes les méthodes, anciennes ou modernes. Encore faut-il les reconnaitre dans tout le reste [...] Une prestation harmonieuse et esthétique n'est pas exactement ce qu'exige une problematique de survie, au moment crucial." (Roland Habesetzer DRAGON #31 ou sur son site)
Il y a deux ans, alors que je rentrais du travail, deux lascars un peu en recherche de conflits pour combler leur ennui s'en sont pris à moi et franchement j'ai été surpris. Je pratiquais l'Aikido trois fois par semaine, je courais presque tous les jours et j'ai pratiqué le karaté pendant cinq ans juste avant ça. Au moment de l'agression j'ai senti la pression cardiaque monter, ça m'a pris assez longtemps pour essayer de redevenir maitre de moi-même... Heureusement ils parlaient un peu trop, alors quand le temps des paroles était devenu inutile, il a fallu se proteger, j'ai eu de la chance ( les 10%) et comme j'étais très zen (malgré des circonstances de vie difficiles à ce moment là) j'ai fait face efficacement sans comprendre. Une patrouille de Police (quand je disais que j'ai eu de la chance...) a fait le reste.
Cet évenement m'a interpellé et le facteur "STRESS" me travaille depuis. J'y pense souvent. On peut pratiquer comme on veut, il faut savoir gérer une agression. J'ai lu et entendu à maintes reprises que le dialogue est l'aspect essentiel de l'auto-défense, parce qu'utiliser les mots justes en situation périlleuse, ce n'est pas facile!
Alors entre faire en sorte que le stress ne me nuise pas (abaisser la fréquence cardiaque, rester lucide...) et gérer la menace (au bon moment, pas trop tot, pas trop tard, et de façon mesurée et humaine), c'est tout un programme!
A présent, je pense que la pratique quelle qu'elle soit est certes importante mais l'esprit (fudoshin en japonais) qui est à mon avis façonné par une multitude de facteurs, importe le plus. Un gars bien bagarreur peut passer un pratiquant d'art martial à la moulinette, son esprit plus inflexible à la douleur, moins impressionable lui donnera peut-être le dernier mot.
Je déplore le fait que l'on axe trop souvent la pratique sur des techniques de combat (ou de défense c'est selon...) et pas assez sur la mécanique du corps liée à celle de l'esprit. Ca prend plus de temps certes mais ce serait tellement efficace! Et puis un prof. qui enseigne ce genre de choses c'est dur à trouver... Dans mon petit monde, mes illusions s'envolent un peu et je meurs d'envie d'apprendre, à tous les niveaux.
Voilà pour la réflexion du jour qui vaut ce qu'elle vaut! Comme toute reflexion, elle ne demande qu'à évoluer.
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